Garage, chambre, tapisserie rose : 17 ans de bureau à la maison

Se lancer à son compte, c’est aussi décider où l’on va travailler. J’ai commencé dans un garage, avant de m’installer dans la plus grande chambre de la maison. Dix-sept ans plus tard, ce bureau est devenu une pièce à part dont la porte est toujours ouverte, et qui a évolué en même temps que mes activités et ma vie de famille. Et une nouvelle fois, je m’apprête à en changer la disposition.
Phase I : le garage grand luxe
C’est décidé : fini le salariat, vive l’indépendance ! Reste alors à s’installer. Tu as entendu un même conseil au moins mille fois au lancement de ton projet : bien se préparer est essentiel pour réussir. Sous-entendu : ne t’installe pas sur un coin de la table de la cuisine.
Perso, j’ai techniquement suivi cette recommandation à la lettre : je me suis installée dans le garage. Non mais, attention, garage grand luxe avec chauffage. Pour le reste, on repassera : carrelage au sol enlevé pour un royaume de béton où la planéité est purement illusoire, bureau de récupération aux dimensions dignes d’un PDG, mais prise de téléphone fonctionnelle. Pour les rangements, un carton fait très bien l’affaire. Et surtout un atout : je suis AU CALME !
C’est mieux que la table de la cuisine. Sauf qu’avec la vie de famille, je terminais un jour ou plutôt un soir sur deux en équilibriste, installée dans le canapé ou le lit. C’est pourtant là que j’ai défini mon projet, réalisé mon logo, établi mes tarifs.
Phase II : un vrai bureau, enfin
Je te vois venir et dire : « Dans ces conditions, c’est donc possible de débuter ! ». Oui… mais non. Cette étape a été à l’image de bon nombre de mes décisions, nécessitant de gérer au mieux et au plus vite mes coups de tête malgré tout très réfléchis et qui engagent toute une vie.
Avec les travaux dans la maison, est venu naturellement le moment de m’installer. J’ai bien sûr choisi la pièce la plus abîmée, à refaire du sol au plafond, et ce n’était pas une simple expression. Je ne m’y suis pas non plus trompée, c’était la chambre la plus grande. Trois mois plus tard, j’avais enfin mon bureau, spacieux et lumineux. Moins au calme aussi : mon sanctuaire de travail est vite devenu un lieu de discussion en famille, une annexe pour les jouets avec, au milieu, la télé, les chiens et jusqu’au hamster dévoreur de gommes. Mais un espace où le chef, c’est moi.
Le miracle de la porte ouverte

Dix-sept ans plus tard (déjà !), c’est de cette pièce que j’ai trouvé mes premiers clients, lancé et administré le site Kpop-(A)live (depuis 2024) et créé KOTOBA & Co en 2026. Le bureau a fait tous les coins de la pièce sauf un, il a également changé d’apparence à de multiples reprises, s’adaptant à l’évolution des modes de travail et d’internet.
Mais, il reste une pièce à part dans l’habitat, comme s’il se trouvait hors de la maison. Tout le monde y entre à pas feutrés pour s’asseoir sur le canapé, jouer, raconter sa journée, en ayant pris la précaution de frapper à la porte pourtant toujours grande ouverte. Juste ce qu’il faut pour me sortir de « mon monde » et suffisant pour leur permettre de vérifier ma disponibilité selon leurs attentes.
Je t’entends déjà dire : « Je ne vivrai jamais comme ça ! ». C’est vrai, cela fait un peu strict mais la démarche a un atout, celui d’éliminer les tensions, sans se couper de la famille et sans culpabilité pour personne. C’est quand la porte se ferme que, généralement, tout le monde se met aux abris !
Un bureau qui vit au quotidien
Sanctuaire ne veut pas dire musée. Sur les réseaux sociaux, on voit souvent des bureaux aseptisés : du blanc partout, un petit tableau design au mur. Chez moi, ce sont des bouts de papier annotés qui refont surface au bon moment, des cahiers pour chaque projet, des notes épinglées au mur et bien sûr, la tapisserie.
Ah, cette tapisserie… rose fuchsia avec des formes mi-rondes mi-carrées vertes et argentées. Stooop, j’ai aussi fait deux côtés gris mais, fait exprès, je me retrouve toujours face au rose ! Un mur coloré que même les voisins ont repéré de l’extérieur, mais qui me sort d’une forme de platitude.
Et c’est sans compter tout ce qui gravite autour, des pandas (ne me demande pas pourquoi, ils sont en recrudescence ces derniers temps) aux comprimés pour le mal de tête, sans oublier les dessins véritables chefs d’œuvre de ma fille et les boucles d’oreilles que j’ai posées sur le bureau pour penser à les mettre.
Des petits ajustements, comme des déménagements
Un bureau doit d’abord être un lieu dans lequel on se sent bien, alors il bouge. Meubles ajoutés ou enlevés, bureau remplacé, fauteuil changé jusqu’à ce que j’investisse dans THE fauteuil qui a ponctionné quelques économies.
Ces petites évolutions, vues de l’extérieur, me permettent de retrouver l’énergie et sortir d’une routine qui endort facilement (d’accord, la tapisserie aide à se réveiller…). Un lieu qui vit, malgré l’aspect « solo ».
Et ce n’est pas fini. Au programme des prochains mois, un saut dans l’inconnu : je change la tapisserie ! Et le bureau va tester un coin de la pièce qu’il n’a encore jamais visité. Quant au matériel, j’en reparlerai plus tard, dans un prochain article.
Et toi, comment est aménagé ton bureau ? Qu’y aimes-tu, que changerais-tu ?
